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Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins

Les voyages d’entreprises laissent souvent l’empreinte de la façon dont les entreprises perçoivent et traitent leurs employés. Bien sûr qu’une entreprise peut décider que les patrons voyageront en classe affaires pendant que les employés seront en classe éco. Mais bien sûr aussi que trop d’inégalités de traitement ou la façon de les aborder ou encore un manque de transparence pourront rester au travers de la gorge de certains employés. Je n’ai pas d’opinion tranchée sur la question mais je sais que j’ai été exposée à deux management radicalement opposé de la question et que cela s’est traduit de la même façon en une appréciation radicalement différente.

Dans ma précédente compagnie les choses étaient claires: Si on prenait un vol de moins de 6h c’était en classe éco. Si c’était plus de 6h c’était en classe affaire. Net et précis. Les budgets étaient effectués en prenant ces paramètres en compte et la taille de l’équipe qui partait en voyage dépendait aussi de ces paramètres. Néanmoins, il allait de soi que le fondateur de l’entreprise et des très hauts dirigeants voyageaient exclusivement en première ou même en avion privé mais 1/ c’était fait de manière très discrète, tout « show off » prescrit et 2/ le fondateur avait plus de 80 ans et était à la tête d’une entreprise de plusieurs dizaines de milliers d’employés et 3/ les employés étaient vraiment chouchoutés, à l’image de « la boite typique Silicon Valley » de manière générale. On allait tous dans des hôtels de haut standing aussi lorsque nous voyagions. Tout cela était un luxe et je ne prétends pas que toute entreprise devrait suivre ces règles, ni que toute entreprise peut se le permettre.

A l’opposé de ce modèle, je vous présente ma compagnie actuelle! Je vais juste me contenter de décrire le seul voyage que l’on a fait ensemble: un voyage au Canada, au départ de Paris. Voyageaient: Nordine, son fils (30 ans), le géologue (75 ans) et moi-même (41 ans). Lorsque nous avons su que nous irions à ce salon (nous y avions réservé un stand) j’ai tout de suite regardé quels vols et hôtels nous pourrions réserver. Nous étions mi-janvier, le salon était début mars et il n’y avait qu’un vol direct par jour donc l’équation était assez simple. J’envoyais les prix à Nordine ( € 750 l’AR en classe éco) et lui envoyais aussi le coût en éco premium, en classe affaire et en première classe. Je n’avais aucune idée de la politique de l’entreprise sur les voyages donc je ratissais large, même si je me doutais bien que père et fils ne voyageraient probablement pas en classe éco.

J’ai envoyé des emails de suivi probablement toutes les semaines. « Au fait Nordine, nous n’avons toujours pas réservé nos billets, les places se font de plus en plus rares », « Je me permets de vous relancer car aucun vol n’a été réservé à ce jour, les prix augmentent » etc etc. Nous décollions le samedi 2 mars. C’est le vendredi 1er mars que le père m’a dit « bon Figue, nous allons prendre les billets ». Et, ô surprise!, les prix avaient alors augmenté au point que les dernières places sur l’unique vol direct du lendemain étaient dorénavant à € 3 500, au lieu des € 750… C’est alors que le père me dit le plus naturellement du monde: « Bon alors dans ce cas, vous Figue et le géologue, vous allez prendre un vol avec correspondance et en classe éco. Pour mon fils merci de réserver un vol direct en classe affaire. »

Honnêtement pour moi prendre deux avions et être en classe éco m’est quasi égal. Je dors comme un loir dès que je monte dans un avion et ai toujours plein de trucs à lire. Mais franchement pour le géologue de 75 ans? Il avait mal aux cervicales, il était fatigué, il était en plein décalage horaire au Canada et il était probablement attaché à ce que ce choix disait de sa place dans la compagnie. Et notre vol à escale coûtait toujours le double du vol direct quelques semaines plus tôt.

Il en a été de même pour l’hôtel « Réservez donc au Grand Canada Hotel en plein centre pour moi et mon fils et réservez au Canada Inn à 20 minutes du Centre de Conférence pour le géologue et vous-même »…

Alors oui cela se transforme en une appréciation de ce que la compagnie a à nous offrir et impose de mettre une barrière entre « la famille » et « les autres ». En tout cas c’est au Canada que j’ai commencé ce blog, il y a sans doute un lien…

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